
La jeune fille marchait à pas
feutrés dans la neige qui craquait doucement. Elle arriva au bord de la
falaise et tint son bonnet d'une main tandis qu'elle jetait un œil en
bas. Le sac qu'elle portait en bandoulière se balança vivement et une
voix colérique vint rompre le silence ambiant:
- Fait un peu attention!!
- Je suis désolée, je suis désolée!
La jeune fille se recula vivement
tandis que des morceaux de neige se détachaient de la congère et
tombaient une grosse dizaine de mètres plus bas. Dans son empressement,
elle ne vit pas la surface plus brillante sur laquelle elle posa le
pied et fit une énorme glissade en arrière pour se retrouver sur les
fesses. La couche de neige, plus fine qu'on aurait pu penser, n'avait
que peu amorti sa chute et elle se frotta le dos en
gémissant... C'est alors que son sang se glaça lorsqu'elle s'aperçut
que son sac avait disparu.

Affolée, elle se releva d'un bond
et fouilla désespérément les alentours, cherchant derrière les arbres
alentour, sous les pierres.
- Hiiiiii! Ioryogi-san? Ioryogi-san, où êtes-vous?
La neige portait des milliers de traces de pas quand on entendit
soudain un hurlement:
- Kkkkkooooooobaaaaaaatooooooo!
- Ioryogi-san?
Kobato (vous ne l'aviez pas reconnue? ^^) s'approcha à nouveau de la
falaise et regarda en bas. Au premier abord, on ne voyait pas
grand-chose, mais elle finit par repérer un trou d'où commençait à
monter une fumée blanche singulière. Blanche, elle murmura :
-Ioryogi-san?
- Sors-moi de là, idiote! pas de doute, la voix venait de là.
- Ne bougez pas, j'arrive!
Affolée, elle regarda autour d'elle pour trouver comment descendre.
- Et tu veux que je bouge comment... Dobato?
La voix était de plus en plus énervée, il fallait qu'elle agisse vite!

Courant
d'un côté et de l'autre de la falaise en
cherchant comment descendre, Kobato finit par trouver un endroit avec
plusieurs bien placées. Pas facile vu son manteau bien épais, ses
bottines, et son chapeau qu'elle continuait de tenir d'une main, mais
elle se mit vaillamment à la tâche. La première saillie fut facile, la
seconde un peu moins. À la troisième, elle dut lâcher son chapeau qui,
bien enfoncé sur sa tête, ne s'en porta pas plus mal.
À la quatrième, arriva ce qui devait arriver: sa
bottine dérapa sur la neige qui était resté accrochée et, emporté par
son poids, elle tomba. Heureusement, elle avait déjà parcouru une bonne
partie de la falaise et la neige, qui avait déjà avalé son sac, était
bien plus épaisse qu'au sommet, et amortit largement sa chute.
Son
premier réflexe fut de vérifier que son
chapeau était toujours bien sur sa tête, puis elle regarda autour
d'elle pour repérer son sac. Il n'était en fait pas bien difficile à
voir, posé sur le sol au milieu d'un cercle humide qui s'élargissait de
plus en plus au détriment de la neige. Craintive, elle murmura:
-Ioryogi-san ?

Pour
toute réponse, un jet de flamme sortit du
sac. "Hiiiiii!" Kobato se courba en tenant son chapeau des deux mains.
Elle ne releva la tête qu'une fois le jet de flamme passé, pour voir le
chien bleu en peluche sortir du sac, l'air encore plus énervé que
d'habitude:
– À cause de toi, je
suis encore tout mouillé !
- Je suis désolée !
- Tu es désolée??? Espèce d'incapable! Tu ne sais même pas marcher sur
de
la neige !
Un autre jet de flamme suivit. Le sol autour de
Ioryogi et du sac qui l'avait transporté passa d'humide à tiède, et un
sapin derrière Kobato s'enflamma. Kobato, cachée sous son chapeau,
tenta :
- On peut faire un feu pour vous sécher ?
-
Un feu ?
- Oui, un bon feu avec du bois bien sec !
Et sans attendre la réponse, Kobato se précipita vers un vieil arbre
mort..

Ioryogi
regardait le feu, tendant ses pattes bleue vers la source de chaleur.
Étrangement, Kobato avait réussi à rassembler des branches à peu près
sèches, et avait obtenu un feu à peu près potable. Elle avait même
réussi à ne tomber qu'une seule fois dans toute l'opération, et en plus
sans éteindre le feu naissant. Un véritable exploit. Ioryogi soupira et
regarda soudain autour de lui: en parlant de la maladroite, où
était-elle donc passé?
Il se releva et fit le tour du feu en essayant de l'apercevoir entre
les arbres. Il la vit enfin, la tête levée vers un grand sapin
recouvert de neige et de stalagtites.
La lune s'était levée, et la pénombre omniprésente s'était un peu
éclaircie. Mais surtout, la lueur argentée tombait doucement sur le
sapin, faisant naître des éclats scintillants qui semblaient danser sur
les branches enneigées. Un véritable spectacle féérique, il devait le
reconnaître, et Kobato semblait fascinée.
Cela rappela à Ioryogi ce qui avait tout déclenché, la raison de leur
présence ici, dans cette contrée froide et loin de tout.

C'était il y a quelques temps déjà.
Kobato était tombée en admiration devant un gigantesque sapin, comme
aujourd'hui. Mais au lieu de la pureté et de la simplicité de celui se
dressant au milieu de la neige, le sapin qui était devant elle
étincelait de milles couleurs électriques. Cela ne le rendait pas moins
beau, il devait l'admettre, car celui ou celle qui avait posé les
décorations l'avait fait avec soin et goût, et les couleurs
s'enchâssaient à merveille.
Kobato avait soudain avisé de petites décorations sphériques d'une
couleur brune étrange, et s'était penchée sur la barrière de protection.
- Attention!
La jeune femme qui s'était approché la retint de justesse.
- Pardon, pardon!
- Ce n'est rien. Vous avez remarqué nos petites bulles, c'est cela?
- Qu'est-ce que c'est?
- En fait, ce sont des petits pots remplis de Nutella. La veille de
Noël, tous les petits pots seront décrochés et offerts aux enfants
présents. Comme vous pouvez le voir, on ne les a pas accrochés sur
toute la hauteur, pour que cela puisse se faire sans trop de mal.
- C'est très original.
- Merci. En fait, c'est moi qui ait eu l'idée." Ajouta la jeune femme
en rougissant. Avant que Kobato ait pu répondre, son interlocutrice
avisa quelque chose derrière elle et partit en s'excusant.
Kobato resta un moment à admirer le sapin, quand son sac bougea
brusquement. Elle sursauta et après regardé autour d'elle, affolée,
elle reprit sa route en courant à moitié.

Elle
n'avait cependant fait que quelques mètres avant de s'arrêter une
nouvelle fois. Cette fois, c'était un enfant qui avait attiré son
attention. Il y en avait plein dehors, ce qui était tout à fait
compréhensible en cette saison. Beaucoup de groupes naviguaient d'une
décoration de Noël à l'autre, découvrant les merveilles déployées par
les marchands pour attirer l'attention. Un peu à l'écart du groupe qui
admirait avec beaucoup d'enthousiasme le sapin, l'enfant qui avait
attiré l'attention de Kobato regardait toutefois avec comme de la
tristesse dans un recoin sombre.
Kobato s'avança un peu pour pouvoir voir ce qu'il regardait avec tant
de tristesse, et vit une boîte aux lettres, décorée aux couleurs de
Noël pour l'occasion. Elle s'approcha de l'enfant:
– Quelque chose ne va pas ?
- Oh!
Surpris, l'enfant la regarda et sourit soudain.
- Oh si, si, tout va bien !
- Pourquoi regardais-tu cette boîte aux lettres?
- Moi ? Oh non, je…
Les yeux de l'enfant avaient cependant à nouveau laissé passer une
lueur de tristesse.

Kobato avait alors souri:
– Tu peux me le dire, tu sais. Je sais garder un secret: Croix de bois,
croix de fer…
L'enfant éclata de rire en la voyant tenter de se rappeler l'antique
serment, puis, comme si elle avait conquis sa confiance, finit par
dire:
– En fait… Hé bien c'est un peu dire à dire, mais… J'aurais aimé écrire
une lettre au Père Nöel.
Kobato dut se pencher pour entendre les derniers mots à peine murmurés,
surtout qu'un individu un peu bizarre descendait l'avenue en criant:
- Joyeuses fêtes à tous les Clampawans et que le Clampagne coule à
flots pour tout le monde !
Kobato, les sourcils froncés, regarda l'individu s'éloigner avant de
regarder à nouveau l'enfant.
– Une lettre au Père Noël ?
- Oui, vous savez, le père Noël,…
- Oh, le vieux bonhomme tout rouge qui donne les cadeaux? Et alors,
pourquoi tu ne lui écris pas la lettre?
- Ben…. C'est mes copains…
Penaud, l'enfant regarda le groupe qui ne s'était toujours pas aperçu
de son retrait.
- Ils disent que c'est que les bébés qui écrivent des lettres au Père
Noël, et que de toute façon, il n'existe pas, c'est des gens qui
répondent aux lettres.
- Ah bon?
Kobato était sidérée. Le vieux bonhomme qui avait l'air tout gentil
n'existerait pas ? Ca, pour une nouvelle…

Kobato respira un grand coup et
prit un air décidé.
– Hé bien, moi, je dis que si tu as envie d'écrire une lettre au Père
Noël, tu as le droit d'écrire une lettre au père Noël !
- Mais…
Kobato se pencha vers lui avec un sourire.
– Si tu veux lui écrire une lettre, c'est sûrement parce que tu as
quelque chose de vraiment spécial à lui demander, non ?
- Oui, mais…
- Et que c'est vraiment important pour toi, que cela te tient à cœur ?
- Oui.
L'enfant avait à nouveau baissé la tête, des larmes au coin des yeux.
Kobato lui redressa doucement la tête du bout des doigts.
– Alors, il faut que tu essaies. Peut-être qu'ils ont raison, tes amis,
peut-être qu'il n'existe pas, mais si tu tiens vraiment à cette chose
que tu veux lui demander, il faut que tu essaies.
- Vous croyez vraiment ?
- J'en suis persuadée. D'ailleurs, si tu écris cette lettre, je me
chargerais moi-même de lui amener!
- Vous feriez ça ?
- Promis! Croix de bois, croix de fer !
Les yeux de l'enfant s'étaient illuminés. Ni l'un ni l'autre
n'entendirent le profond soupir qui sortait du fond du sac de Kobato.

Ioryogi
avait bien essayé par la suite de faire comprendre à Kobato tous les
problèmes que pouvaient soulever la réalisation de ce genre de vœu,
mais elle avait tenu bon et avait tout mis en œuvre pour arriver.
Ioryogi ne voulait même pas tenter de se rappeler comment ils en
étaient arrivés au milieu de ce bois perdu au milieu de nulle part.
Rien que d'y penser, ça le faisait frissonner.
– Vous avez froid, Ioryogi-san?
- Non, non, juste de mauvais souvenirs…
Ioryogi leva les yeux du feu et examina Kobato, assise de l'autre côté:
- Au fait, tu n'as rien vu, quand nous étions sur la falaise?
Kobatosecoua la tête.
- Bon, alors il va falloir repartir.
- Heu… Ioryogi-san, je peux vous poser une question?
- Oui?
Ioryogi essaya de ne pas penser à ce qui aurait pu passer par la tête
de Kobato et espéra une question logique. Kobato montra le ciel du
doigt.
- Pourquoi il fait à moitié nuit? On est pourtant au milieu de la
journée?

En soupirant (encore une fois),
Ioryogi s'était relevé.
- Bon, je vais essayer de te faire comprendre ça en route.
Kobato se releva d'un bond ("quelle énergie!" pensa son compagnon) et,
prenant Ioryogi dans ses mains avec soin, elle le posa délicatement
dans son sac, veillant bien à ce qu'il ait la tête qui dépasse.
Après quelques minutes à regarder autour d'elle, Ioryogi finit par
faire un geste agacé vers une direction, que Kobato s'empressa de
suivre. Elle cheminait lentement, découvrant tous les cent mètres une
nouvelle occasion de s'enthousiasmer. Ioryogi ne cessait d'être
fasciner par cette capacité qu'avait Kobato de s'émerveiller de tout.
Mais le silence au milieu de ce paysage vert, blanc et gris finit par
le lasser, et il demanda alors:
– Bon, alors tu veux toujours savoir, pour la nuit ?
- Oh, oui!
- C'est simple. La terre est légèrement inclinée par rapport au soleil.
Du coup, les endroits situés sur l'axe restent environ 6 mois dans
l'ombre, et 6 mois dans la lumière. Simple, non?
- Heu…. Oui. Mais pourquoi est-ce que la terre est inclinée?
- Ca, c'est comme la raison qui t'as poussé ici, c'est une question
qu'il vaut mieux ne pas se poser.
Kobato ouvrit la bouche pour faire un commentaire ou poser une nouvelle
question, mais le destin sauva Ioryogi cette fois-ci (ou Kobato, vu
l'humeur de Ioryogi): sans un bruit, il se mit à neiger.

Le
neige se fit de plus en plus dense, et il ne fut plus du tout sûr que
sa venue soit un bien, finalement. Ioryogi avait glissé plus bas dans
le sac pour se protéger des flocons froids. Kobato avait passé de gros
gants en laine et tenait fermement son chapeau. Courageusement, elle
continuait d'avancer à son rythme. Soudain, Ioryogi le sentit
s'arrêter. Avant qu'il ait pu s'inquiéter de la cause de cet arrêt, il
entendit Kobato s'écrier:
- Là, je vois une grotte !
Elle se mit à courir (sans glisser, un miracle!), et bientôt Ioryogi
put passer la tête hors du sac.
La grotte semblait sèche et à l'abri du vent, idéale pour attendre un
petit moment.
– Bien, on peut en profiter pour casser la croûte, en attendant que la
neige cesse de tomber.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les portions furent vite avalé, et Kobato
alla sous la neige pour ramener quelques branches que Ioryogi
s'empressa d'enflammer, pendant qu'elle retournait à l'entrée de la
grotte voir s'il y avait quelques signes d'éclaircie.
Une fois le feu crépitant, Ioryogi se laissa tomber sur le sol sec de
la grotte avec soulagement. Maintenant, tout allait bien. " Heu…
Ioryogi-san?" Surtout garder son calme, surtout…
- Oui, Kobato?
- Je crois qu'il y a quelque chose, dehors.
- Laisse-moi deviner… un ours?
- Heu… non, je ne crois pas.
- Comment peux-tu en être si sûre?
- A vrai dire…
Kobato pointa le ciel
- C'est là-haut qu'il y a quelque chose…

Ioryogi resta un moment sans rien
dire.
– Un aigle ?
- Non, c'est plus gros. En fait…
Kobato jeta un œil au-dehors
- … On dirait une sorcière. Une sorcière qui agite un gros marqueur
noir.
Ioryogi resta à nouveau sans rien dire, avant de murmurer:
– On a pourtant mangé la même chose… Non mais tu te rends compte de ce
que tu dis ?
- … Ou peut-être une femme avec de très longs cheveux noir sur un
animal volant ?
- Une femme aux longs cheveux noirs ?
- Oui. Elle a disparu, maintenant.
Kobato se tourna vers l'intérieur de la grotte et vit Ioryogi, pensif.
– Quelque chose vous embête, Ioryogi-san ?
- Je me demande si… Non, ce serait vraiment…
- Qu'est-ce qui serait vraiment quoi?
- Il y a une légende qui existe… On dit que lorsqu'il neige, c'est
Shirahime-Syo, la "reine des neiges", qui pleure.
- Pourquoi pleure-t-elle ?
- Certains disent que c'est à cause des hommes qu'elle hait, d'autres à
cause de la souffrance des hommes…
- En tous les cas, elle a fini de pleurer, maintenant.
- Quoi ?
Ioryogi releva la tête et vit Kobato qui lui indiquait l'entrée de la
grotte avec un grand sourire:
- Ca y est, il ne neige plus !

Avec un soupir, Ioryogi s'était
éloigné du feu et avait constaté que oui, effectivement, il ne neigeait
plus.
– Bon, il va falloir y retourner, alors.
- Oui. Je suis sûre qu'on va bientôt trouver une piste !
- Ton enthousiasme fait plaisir à voir, et si cette piste possède un
toit, un bon fauteuil et une énorme carafe de saké chaud, je ne dis pas
non. Mais quelque chose me dit que ce sera loin d'être le cas.
Ioryogi sauta cependant dans le sac que Kobato avait posé à terre et se
cala confortablement pendant que la jeune fille prenait de la neige et
la laissait tomber sur le feu qui s'éteignit en chuintant. Elle fit
attention de bien disperser les cendres pour que celles-ci ne se
rallume pas, prit son sac et partit à nouveau d'un bon pas dans la
neige fraîche qui crissait sous ses pieds. La pause l'avait requinquée,
et elle se sentait prête à affronter des montagnes !
Cependant, ce bel élan fut vite interrompu. En effet, quelques mètres
après avoir quitté le flan de la colline, Kobato se trouva nez à nez
avec une large rivière qui serpentait paresseusement au milieu du bois.

Ioryogi pointa la tête hors du sac:
– Qu'est-ce qu'il se passe, encore ?
- Il y a une rivière.
- Hé bien passe par-dessus !
- Mais, c'est qu'elle est trop large !
Ioryogi baissa les yeux.
– Effectivement. Tu vois un passage ?
Kobato secoua la tête. Ioryogi réfléchit un instant pendant que la
jeune fille regardait la rivière d'un air désespéré. Soudain, elle
s'exclama:
– Ioryogi-san, peut-être que vous pourriez…
- Je t'arrête tout de suite. Ceci est une rivière. Même si je pouvais y
passer cent ans, je ne l'assécherais pas. Je dirais même que vu la
température de l'eau, si je m'amusais à cracher du feu là-dessus,
j'empirerais la situation. Et n'essaye même pas de songer à la
traverser à pied. Non, je crois que le plus court moyen est de la
longer jusqu'à ce qu'on puisse la traverser… Si jamais on a besoin de
la traverser. On ne sait jamais, avec un peu de chance, elle oblique à
un moment…
Kobato hocha la tête et, observant les deux directions, finit par
choisir de remonter la rivière.
Elle ne sut jamais ce qu'il lui serait arrivé si elle avait choisi
l'autre sens, mais en tous les cas, en remontant la rivière, elle finit
par tomber sur une scène assez… étrange.

Ioryogi sentit une nouvelle fois le
balancement s'arrêter. "Mais qu'est-ce qu'il lui arrive, encore? On ne
va jamais arriver nul part comme ça!" Enervé, il sortit à nouveau la
tête hors du sac et apostropha la jeune fille:
- Qu'est-ce qu'il se passe, encore? Ce serait bien si on pouvait
arriver quelque part avant la nuit… Enfin, non, il fait déjà nuit. Oh,
et puis zut !
Mais Kobato ne le regardait pas, figée.
- Hé, ho! Y'a quelqu'un, sous ce chapeau ?
Elle ne sembla pas l'entendre au départ, mais son bras gauche finit par
se lever, montrant quelque chose devant elle. Ioryogi suivit la
direction désignée et se figea aussi.
Devant eux se tenait un loup.
Bon, d'accord, rencontrer un loup n'était pas forcément une chose si
extraordinaire, vu l'endroit sans lequel ils se trouvaient. Et en
rencontrer un pouvait ne pas être non plus trop dangereux. Une meute,
ça oui, mais un loup, Ioryogi pouvait à la rigueur le faire déguerpir.
Mais rencontrer un loup qui se tenait sur ses deux pattes arrière, ça,
c'était déjà plus bizarre.
- Mais dans quel endroit de fou est-ce qu'on a bien pu tomber ? murmura
Ioryogi, abasourdi.

Le loup semblait tout aussi
pétrifié qu'eux. Son regard allait de Kobato à Ioryogi, de Ioryogi à
Kobato, sans paraître savoir lequel des deux était le plus… le plus
quoi, d'ailleurs ?
Quand il avait vu Kobato, il n'avait pu s'empêcher de saliver, mais
l'apparition soudaine de Ioryogi le faisait réfléchir.
Une peluche bleue…
Qui parlait en plus…
Elle pouvait ne pas être dangereuse, mais soudain fusa dans son esprit
le visage angélique d'une petite poupée aux boucles blondes, d'un
panier mystérieux, d'un… fraisier? En hurlant, il détala sans demander
son reste.
Kobato avait penché la tête, regardant le loup avec intérêt.
- Kobato, qu'est-ce que tu fais? Recule lentement !
Elle entendit le murmure de Ioryogi, mais sa curiosité était la plus
forte.
Soudain, le loup se mit à hurler, la faisant sursauter, et retombant
sur ses pattes avant, s'enfuit dans les bois.
- Monsieur le loup, attendez !
Sans même réfléchir, elle se mit à courir à sa suite. Ioryogi retomba
dans le fond du sac, incapable de réagir.
- Mais qu'est-ce…

Le sac tressautait au rythme de la
course de Kobato, et Ioryogi suivait (malgré lui) le mouvement. Il
l'entendait crier:
- Monsieur le loup, attendez-moi! Je ne vous veux pas de mal !
Ioryogi soupira : Mais que pouvait-elle bien attendre d'un loup ? Qui
se tenait sur ses deux pattes, d'ailleurs, ce qui était encore plus
louche !
D'ailleurs, dans quel pays étaient-ils donc tombés? Une reine des
neiges (s'il devait croire le témoignage de Kobato, lui-même n'ayant
rien vu), un loup sur ses deux pattes…. Se pourrait-il que…
Décidé à en avoir le cœur net, il décida de remonter à l'air libre et
d'avoir une bonne discussion avec Kobato. Ouais. Plus facile à dire
qu'à faire, cependant: Kobato n'avait pas arrêté de courir et devait
certainement slalomer entre les arbres. Les mouvements du sac, du coup,
n'arrêtaient pas de faire glisser Ioryogi au fond. Soudain, il réussir
à attraper du bout de la patte le bord du sac, et…
Brusquement, la course s'arrêta et Ioryogi, emporté par l'élan, fit un
magnifique vol plané en dehors du sac pour atterrir le museau dans la
neige. "Déjà vu" se dit-il, juste avant de sauter sur ses pattes en
hurlant "Doba…" Une ombre qui lui passa dessus l'arrêta net.
Figé, il leva lentement les yeux et comprit ce qui avait arrêté Kobato.
Non pas le loup – heureusement - , mais quelqu'un de plus petit, de
plus chapeauté et de plus… rouge…
Non, ce ne pouvait pas être…

Kobato pencha la tête:
– Vous êtes le petit chaperon rouge ?
- Dobato, espèce d'idiote! C'est un lutin du Père Noël ! hurla Ioryogi
avant de sursauter pour mettre la main devant sa bouche. Il venait de
parler devant un autre être vivant.
D'un autre côté… Un lutin du Père Noël pouvait-il vraiment être
considéré comme un humain ?
Kobato, pendant ce temps, se confondait en excuses devant le lutin qui
n'avait pas dit un mot et les regardaient avec toujours autant de
stupeur. Ioryogi finit par décider qu'il pouvait parler librement, et
stoppa Kobato dans ses multiples courbettes:
– Dis, Kobato, maintenant que tu t'es excusé, tu n'aurais pas quelque
chose de plus important à faire ?
- Moi ?
- Oui, toi.
Et comme elle ne comprenait visiblement pas:
- C'est un lutin du Père Noël.
- Mais oui, bien sûr ! Dites, monsieur le lutin, vous me rendriez
énormément service si vous pouviez m'indiquer où se trouve le Père Noël.
Pour la première fois, le lutin ouvrit la bouche:
– Le Père Noël ?
- Oui, j'ai promis à un petit garçon de lui apporter sa lettre.
- Vraiment ? C'est vraiment très gentil de votre part ! J'aurais même
pu vous y amener, ajouta-t-il en hochant la tête, puis ses sourcils se
froncèrent.
-Malheureusement...
– Y-a-t-il un problème ?
- Oui, et un gros.
Ioryogi soupira en murmura:
- Moi qui était en train de me dire que cela devenait trop simple…"

Le
lutin leur fit signe de le suivre. Ils marchèrent quelques centaines de
mètres ainsi, avant qu'il leur fasse signe de se baisser et de marcher
doucement. Ce fut en silence qu'ils franchirent les derniers mètres
avant l'orée du bois.
Le lutin leur montra alors la scène qui se déroulait en bas de la
pente. Il y avait là un petit promontoire boisé d'arbustes piquants
formant un enclos naturel. On y apercevait quelques formes mouvantes.
Au moment où l'un d'eux s'ébrouait, mettant à bas la neige qui le
recouvrait, le lutin murmura:
- Ce sont les rennes.
- Les rennes du Père Noël ?
- Oui. Le traîneau est sous une bâche, près d'eux. Toute l'année, ils
gambadent en liberté et mènent leur vie comme ils l'entendent. Mais
lorsqu'ils sont appelés, ils viennent ici et c'est moi qui suis chargé
de les atteler et d'amener le traîneau au Père Noël.
- C'est une lourde responsabilité !
- Oui, et c'est une fierté pour moi qu'on me l'ait confié.
- Mais si les rennes sont là, et le traîneau aussi, où est le problème
?
- Regardez là-bas.
Ioryogi et Kobato suivirent la direction indiquée par le lutin, mais ne
virent rien que de la neige à perte de vue.
– Je ne vois rien.
- Là, juste au pied du petit arbuste rachitique.
Ioryogi allait remarquait qu'il y en avait des tonnes, des arbustes
rachitiques, quand soudain son regard fut attiré par une masse un peu
plus grise que le reste.
- Mais qu'est-ce que…
La masse se leva soudain, et avança de quelques pas vers le promontoire
des rennes. Le lutin hocha la tête:
- Oui, vous avez bien vu. C'est un ours blanc. Et ce n'est pas le seul…
Là, effectivement, cela compliquait les choses.

Kobato et Ioryogi regardaient les
ours qui déambulaient nonchalamment autour de l'enclos des rennes.
Ioryogi demanda:
– Cela fait longtemps qu'ils sont là ?
- Pas mal de temps, oui. Dire que j'avais un peu d'avance sur mon
planning ! Mais là, je vais être en retard !
- Heu… dites… intervint Kobato. Je peux poser une question, monsieur le
lutin ?
- Aïe, pensa Ioryogi, mais le lutin répondit tout naturellement:
– Mais oui, bien sûr.
- Même s'il n'y avait pas les ours, comment vous comptiez sortir le
traîneau ?
- Comment cela ?
- Hé bien… L'enclos… est fermé, non? C'est d'ailleurs pour ça que les
ours n'ont pas attaqué les rennes, pas vrai ?
- Hé bien, oui, mais…
- Alors comment comptiez-vous le faire sortir ?
- C'est le traîneau du Père Noël.
Comme Kobato ne semblait pas comprendre, le lutin ajouta:
- Vous savez, le traîneau qui amène le Père Noël sur tous les toits…
Finalement Ioryogi, à bout, trancha net:
– C'est un traîneau qui vole… Dobato.
- Oh.
Kobato réfléchit un moment avant de dire, songeuse:
- Mais dans ce cas, où est le problème ?
- Heu… Les ours ?
- Oui, mais si le traîneau vole, les rennes n'ont pas à avoir peur des
ours, non ?
- Les rennes, peut-être, mais notre ami le lutin est aussi comestible,
si tu vois ce que je veux dire. Et je ne crois pas qu'il court plus
vite qu'un ours.
- Tout à fait exact. Acquiesça le lutin.
Kobato eut alors un large sourire:
– Hé bien dans ce cas, la solution est simple !
Ioryogi la regarda d'un air soupçonneux. Quelle solution avait bien pu
émerger de l'ensemble improbable de pensées constituant l'esprit de
Kobato ?

Les trois ours avançaient
lentement, sans paraître regarder le repas tentant qui se tenait hors
de portée. Ils n'avaient pas encore trop faim, ils pouvaient être
patients, et ils sentaient bien que la nervosité de leurs proies ne
ferait qu'augmenter avec le temps. Et peut-être, alors, l'une d'elle
céderait à la panique et commettrait une erreur fatale… pour elle.
Puis, alors qu'ils s'allongeaient confortablement pour reprendre leur
veille, l'air sembla… comme tinter. Intrigués, ils levèrent tous le
museau, humant l'air pour déceler un quelconque danger. Rien de tel.
Puis l'impression se renforça, l'air parut vibrer d'une mélodie douce
qui finit par devenir audible.
"Douce nuit, sainte nuit.
Dans les cieux, l'astre luit.
Le mystère annoncé s'accomplit.
Cet enfant sur la paille endormi,
C'est l'amour infini…"
La voix semblait flotter dans l'air, les entourant d'une douce chaleur
qui s'insinuait en eux, les calmant et presque les endormant. Aucun
d'eux ne vit le lutin se glisser prestement dans la neige et atteler
les rennes. Non, ils étaient tout entiers tournés vers la voix, qui,
aérienne, continuait de chanter.Ils ne virent pas non plus le traîneau,
enfin attelé, franchir d'un bond le rempart de ronces et survoler de
quelques centimètres la neige pour aller jusqu'à l'orée du bois.
Par contre, comme la chanson se finissait, l'air encore vibrant des
dernières notes, ils virent très bien la chanteuse monter dans le
traîneau et leur faire de grands signes d'adieux tandis que les rennes
s'élançaient dans les airs.

Kobato, émerveillée, regardait le
paysage défiler sous eux en tenant fermement son chapeau de la main.
Ioryogi, quand à lui, s'était calé bien au fond du traîneau.
Connaissant la maladresse de sa compagne, il ne tenait pas à
dégringoler jusqu'au sol où à être emporté par la première bourrasque
venue. Finalement, Kobato finit par se rasseoir, les yeux pétillants.
– C'est vraiment fantastique ! Vous ne trouvez pas, Ioryogi-san ?
- Je serais plus rassuré s'il y avait une ceinture de sécurité sur ce
truc.
- Vous savez, d'habitude, c'est le sac chargé qui est à votre place.
Répondit le lutin qui jouait parfois du fouet pour encourager les
rennes. Ce traîneau n'a pas pour vocation de prendre des passagers,
alors les systèmes de sécurité sont habituellement inutiles.
- Et comment votre sac tient, alors ?
- C'est la magie de Noël !
Ioryogi murmura, renfrogné:
- C'est ça, tiens, la fameuse magie de Noël…
Le lutin se tourna un peu vers ses passagers pour ajouter:
– En tous les cas, c'est vraiment une chouette idée que vous avez eu
là, jeune demoiselle. Je vous dois une fière chandelle.
- Ca, je dois dire que tu m'as étonné, sur ce coup-là.
- Vraiment, Ioryogi-san ?
- Oui. Quoique… à bien y réfléchir, c'était vraiment du tout toi, ce
genre d'idée.
- Je suis contente que cela ait marché ! Ils ont eu l'air de vraiment
apprécier.
- C'est vrai. Par contre, la prochaine fois, évite de leur faire de
grands signes en partant.
- Vous croyez ?
- A mon avis, ils l'ont mal pris.
- Oh…. Vous croyez que c'est pour cela qu'ils ont rugi quand on est
parti ?
- J'en suis pratiquement sûr, oui. Ils ont du croire que tu te moquais
d'eux.
Kobato ouvrit grand les yeux.
– Ce n'était pas du tout mon intention !
- Oui, hé bien on ne va pas retourner le leur dire, hein ?
- D'autan plus que… intervint le lutin à nouveau. On est arrivé !
Kobato se pencha à nouveau sur le bord du traîneau et cette fois, même
Ioryogi, avançant avec précaution à côté d'elle sur la banquette, se
risqua à jeter un coup d'œil.
En effet, devant eux, au bout d'une large plaine enneigée, la maison du
Père Noël étincelait de milles feux.

Ni Kobato ni Ioryogi ne firent le
moindre bruit tandis que le lutin faisait ralentir le traîneau pour
finalement le poser devant une grange immense. D'autres lutins
sortirent aussitôt pour s'occuper des rennes qui semblaient ravis de ce
petit voyage. Quelques lutins regardèrent les deux invités avec
surprise, mais ils les accueillir respectueusement.
Le lutin qui les avait amené ici dit quelques mots à un autre et se
tourna vers eux:
- Suivez-moi, je vais vous conduire dans la maison.
Kobato hocha la tête et ouvrit son sac pour que Ioryogi puisse y
rentrer. Elle passa ensuite son sac en bandoulière, en veillant
toutefois bien à ce que son compagnon puisse bien voir autour de lui.
Car il y en avait, à voir. La maison du Père Noël tenait à la fois du
vieux chalet confortable qu'on aime à trouver le soir après une journée
passée dans la neige, de la maison gaie et illuminée comme on en
trouvait à cette époque de l'année, et elle était immense, même sans
compter la grange qui s'y adossait.
Des guirlandes, des lampions, les branches de sapins et de houx qui
semblaient pousser de la maison même. Dans l'air, une bonne odeur de
vin chaud et de pain d'épice, avec parfois une trace de feu de bois. Et
surtout, surtout, l'impression chaleureuse et douce qu'on était chez
soi.
Le lutin poussa la grande porte et fit signe à Kobato de le suivre, ce
qu'elle fit sans se faire prier, tellement la maison paraissait
accueillante.
A l'intérieur, c'était une effervescence sans nom. Et pourtant, malgré
ces lutins qui couraient partout, affairés, nul sentiment de pagaille.
Juste, peut-être un peu d'urgence face à l'échéance qui s'approchait.
Ni le lutin ni Kobato n'eurent de mal à passer dans ce ballet bien
rodé, et ils traversèrent ainsi différentes pièces, au milieu des
lutins réparant, sculptant, peignant, emballant et faisant milles
autres choses de dernière minute.
Finalement, ils arrivèrent devant une petite porte que rien ne
distinguait du reste.
- Voilà, c'est là. Je dois vous laisser, maintenant, j'ai encore plein
de choses à faire !
- Merci !
Mais le lutin s'était déjà évanoui dans la foule de ses semblables.
Kobato resta un moment figée, sans savoir trop quoi faire, sans oser
bouger. Ioryogi finit par lever la tête et par dire d'une voix douce
inhabituelle:
- Hé bien, alors ? Ne me dis pas que tu vas renoncer si près du but ?
Tu as une mission à accomplir, non ?
Kobato hocha la tête, prit une grande respiration et frappa un coup à
la porte.

La porte s'ouvrit doucement, et Kobato pénétra dans une petite pièce où
pétillait un bon feu de bois. Les ombres que celui-ci dessinait sur les
murs semblaient danser une farandole sans fin. Un petit sapin, presque
nu et pourtant très majestueux dans sa fraîcheur naturelle, occupait un
coin de la pièce.
Devant elle, lui tournant le dos, quelqu'un semblait écrire avec
application, penché sur un bureau en chêne patiné.
- Entre donc, Kobato! J'ai presque fini.
- Vous… Vous me connaissez ? demanda doucement Kobato en s'avançant
doucement dans la pièce.
– Mais bien sûr ! Et je sais aussi pourquoi tu es là. D'ailleurs…
N'as-tu pas quelque chose à me donner ?
Le Père Noël mit un dernier point à sa liste et se tourna vers elle
avec un grand sourire auquel Kobato ne put que répondre.
Il est vrai qu'il était tellement tout ce que l'on se représentait de
lui: la barbe, les cheveux blancs, le ventre rebondi d'un bon vivant,
le sourire épanoui… En sursautant, Kobato se rappela de sa mission et
regarda dans son sac.
Ioryogi, ayant pris les devants, lui tendit la lettre qu'elle prit en
le remerciant d'un mouvement de tête.
Elle tendit alors la lettre des deux mains vers le Père Noël, comme si
cette missive était la chose la plus importante au monde. D'une
certaine façon, ne l'était-elle pas ?
Le Père Noël la prit avec un sourire et l'ouvrit avec délicatesse.
Après l'avoir lu attentivement, il hocha la tête et le posa sur son
bureau. Kobato demanda avec inquiétude.
– Est-ce que… vous pouvez faire ce qu'il désire ?
- Connais-tu le contenu de cette lettre ?
Kobato secoua la tête.
– Et pourtant, tu as quand même fais tout ce que tu pouvais pour me
l'amener.
- Il était si… désireux de vous l'envoyer.
- Je sais. Et tu as vraiment bien fait d'exaucer son vœu. Ne t'en fais
pas, je ferais tout ce que je peux pour exaucer sa demande à mon tour.
Kobato hocha la tête, retrouvant le sourire.
– Bien, et puisque tu es là, maintenant, que dirais-tu de m'accompagner
pour ma tournée ?
- Moi ? Mais…
- Qui sait, tu auras sans doute l'occasion de soigner des sentiments
blessés, au cours de la tournée.
- Vraiment ? Vous me permettriez de venir ?
- Mais oui ! Et puis…
Le Père Noël se pencha sous son bureau et farfouilla quelques instants
avant de sortir une grosse bouteille.
- Voici de quoi faire patienter notre ami pendant la tournée.
Ioryogi resta à fixer la bouteille de saké, ébahi.
- Alors, qu'en dites-vous ?
Kobato et Ioryogi se regardèrent un moment…
Et ce fut ainsi que cette année-là, le Père Noël bénéficia d'une
assistance enthousiaste (et qu'il put honorer tous les petits gâteaux
et autres boissons préparés à son attention grâce à l'aide d'une
certaine peluche bleue). Kobato put remplir un peu plus sa bouteille,
et Ioryogi se remplit tellement la panse qu'il dut faire diète pendant
plusieurs jours par la suite !
NEVER END
Quand à moi, c'est le moment de
vous souhaiter de la part de toute l'équipe d'InfoClamp un traditionnel
:
"Joyeux Noël, et à tous une bonne
nuit!"
Un très grand merci de la part des
Clampotes à Drimchal qui a vécu pendant un mois la vie d'un mangaka
(les dessins en moins !) pour maintenir un rythme de publication élevé
!!!
Félicitation !!!
-
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